Saturday, January 13, 2018

Nouveaux délits 59 -- janvier 2018

Il est arrivé par la poste à l'instant et je m'y plonge cet après midi. Merci Cathy pour ce travail minutieux.

Illustration de couverture Arnaud Martin

Eh bien voilà revenue l’année nouvelle ! Nous savons que ça ne veut pas dire grand chose, mais si ça peut nous permettre de nous sentir de même un tant soit peu neufs, décidés à laisser derrière nous le pesant et l’obsolète... Une nouvelle chance, un nouveau départ, un peu de poudre de perlimpinpin qui brille, une virginité en toc, un lustre qui disparaitra en deux coups d’éponge, mais quelques secondes de rêve, ce n’est pas rien, alors on ne va pas se les gâcher en faisant du mauvais esprit, surtout quand on s’appelle « Nouveaux Délits ».

Si la lucidité est la blessure la plus rapprochée du soleil, comme l’écrivait Char, alors elle est au soleil pendant que d’autres sont au bureau, aussi spacieux soit-il. Alors, fait-elle vraiment souffrir cette lucidité ? Et si elle était justement la garante du rêve ? Entre la transparence et l’opacité, il y a la beauté de la translucidité, ce qui n’est pas sans rapport avec la poésie.

Aussi, je vous invite sans plus de blabla à la découverte des poètes de ce nouveau numéro. Je les ai choisis avec mon meilleur mauvais goût, clin d’œil à de pauvres petites idées fixes et préconçues et donc pas très neuves, de ce qu’est, doit être et ne peut pas être la poésie. Ne cherchez pas, la poésie n’y est déjà plus ! Souhaitons-nous plutôt de tirer le meilleur jus de cette année inédite et de le boire en chantant à tue-tête. Soyons sérieux : rions beaucoup et aimons plus encore !

Bonne année 2018 à vous toutes et tous et que la paix ferme le bec des imbéciles qui ne laissent pas passer la lumière.

CG

Au sommaire de ce numéro:

Délit de poésie dans l’irrespect total de la parité (mais c’est LA poésie) :

Pénélope Corps
Benoit Arcadias
Jean-Louis Millet avec six fragments de Psychorama holographique
Marc Guimo et des extraits de sa Réalité dispersée
Pablo Gelgon

Résonances :
Civilisé de Walter Ruhlmann, Urtica 2017
Tu écris des poèmes de Murièle Modély, Éd. du Cygne, 2017

Délits d’(in)citations, petits flocons mignons qui fondent au coin des pages.

Vous trouverez le nouveau bulletin de complicité au fond en sortant, il est en tout point pareil que l’ancien, en digne résistant à la hausse des tarifs postaux.

Illustrateur : Arnaud Martin


Plus ici

Tuesday, October 31, 2017

A propos de Civilisé


Récemment, j'ai eu des nouvelles de Fabrice MARZUOLO, qui avait publié Un fémur est un homme pour vous chez mgv2>publishing en mars 2016.

Il m'a envoyé son dernier recueil Vivre c'est oublier qu'on est mort pour lequel je couve une note de lecture à paraître prochainement ici.

Il a reçu en échange Civilisé et voici ce qu'il en dit:

"L’univers de tes poèmes (de mon regard) serait comme le tombeau de Maldoror dans lequel les couvercles des cercueils seraient scellés avec du foutre...une sorte de rappel de la vie sur le fil rouge et parmi les os, les liqueurs, et autres jus visqueux, tu tires tes poèmes du jeu.

Ceux que j’apprécie tout particulièrement sont Un samedi soir de plus, En train, Distance...un instant glacé, un bloc de glace dur comme un sexe en érection et pourtant habité d’une certaine impuissance; tout au bout, la vie désarme.

C’est un recueil que je relirai."

Tuesday, October 10, 2017

Avis de parution : SURSIS - micro-fictions poétique et collages de Cathy Garcia

Couverture de Sursis de Cathy Garcia

Treize micro-fictions poétiques, bizarres, décalées, dérangées….

Dérangeantes ?


« Je l'observe avec étonnement et soudain, je vois ses lèvres venir s'écraser contre le rempart de verre et son regard virer au gris. Je la vois se retourner sur elle-même, cette crispation soudaine qui ne trompe pas. Je me demande l’espace d’un instant, si elle pourra obtenir rapidement son sursis, puis je m'éloigne, je voudrais profiter du mien. »


Dédale, collage de Cathy Garcia

Tirage numéroté, édité et imprimé par l’auteur
avec neuf collages papiers originaux réalisés par l'auteur
De cet ouvrage, est prévu un tirage de tête limité et numéroté à treize exemplaires avec illustrations en couleur le reste sera en noir et blanc
28 pages
sur papier 90g calcaire
couverture 250g calcaire
100 % recyclé


dépôt légal : octobre 2017

Le rire de l'attardé, collage de Cathy Garcia

15 € pour les treize exemplaires du tirage de tête
10 € pour le tirage en nombre
port offert jusqu'à fin octobre
chèque à l'ordre de :
Cathy Garcia
Létou
46330 St Cirq-Lapopie

Saturday, September 16, 2017

Deux poèmes dans Traction-Brabant 75

Patrice Matlaverne a publié deux poème tirés du recueil Civilisé (Urtica, juillet 2017) dans le dernier numéro de Traction-Brabant, la revue qu'il anime depuis... 2004, je ne sais plus. Peu importe d'ailleurs. En revanche, je sais qu'il m'est fidèle et que son "poézine" a toujours promu mes textes, et mg lorsque la revue existait. je reproduis ci-dessous l'incipit finissant du numéro 64 que j'ai trouvé sur le blog de la revue et que j'ai beaucoup aimé, partageant son esprit.
Traction-Brabant 12€ les 4 numéros. Contact p.maltaverne [at] orange [point] fr

Après les revues ou poézines (ils ont commencé à être appelés comme ça plus tard), "Traces" (1962-2011), de Michel-François Lavaur, "Œil de fennec" (depuis 1981) de René Bourdet, "L'heure-tard" (1996-2006) de Didier Trumeau et "Noniouze" (1999-2002) de Roger Lahu, "Traction-brabant" (alias T-B), est né.
J'ai toujours fabriqué cette chose sur un bout de table, en prenant soin de lever la toile cirée, le but étant d'aller le plus vite possible en besogne : imprimer les textes, découper, coller les illustrations sans trop réfléchir - ceci est très important - et dans la foulée, m'enfuir chez le reprographe du coin et photocopier la maquette en cinquante exemplaires, revenir à ma tanière, agrafer ces exemplaires à toute berzingue, les glisser dans une enveloppe, me précipiter en sac à dos à la poste du coin, afin de réintégrer le plancher des vaches, car il ne faut pas rêver trop longtemps - c'est mauvais pour la santé.
Les choses n’ont guère évolué depuis, même si colles et ciseaux ont intégré l’espace de Word.
Le but est toujours de porter à bout de bras les exemplaires de T-B qui sont de plus en plus nombreux, et de les agrafer en moins de trois heures avant de préparer les envois.
Et miracle : à chaque fois qu’un numéro de « Traction-brabant » nait de mes mains, c’est comme lorsque de nouveaux légumes sortent de terre, ils ne sont pas parfaits, mais leur matérialité me lance un clin d’œil et je me dis : encore un numéro de fini, qui n’a pas une trop sale tronche.
Des fois, je me coupe la pulpe des doigts à force de tourner les pages d’une pile de feuilles non assemblées, mais il n’y a dedans rien de grave, car ça existe, c’est tout petit, presque chétif, rien à côté d’un Gallimard et d’une Pléiade, sauf que dedans respirent plusieurs personnes…Comme une preuve de vie voyante.
Et voilà ty pas, sinon ça serait pas drôle, qu’ils ont inventé l’Internet…Avec toutes ces publications qui y fleurissent, je me dis, c’est bizarre que ça ne leur manque pas plus que ça le contact matériel, ce toucher d’une vérité que l’on souhaite personnelle. Ce n’est pas possible. Dites-moi que je rêve ! Ça ne vous fait donc rien, cette mise à distance des choses ?
Pour tout intellectuel en manque de plaisirs, je serais bien tenté de proposer un traitement à base de rematérialisation des process…    P.M.

Monday, August 14, 2017

Civilisé désormais disponible

Painting by Norman J. Olson


J'ai écrit les premiers textes du recueil civilisé en 2005 sans savoir à l'époque qu'ils  seraient réunis dans ce recueil. Entre 2011 et 2015, je n'ai quasiment écrit qu'en anglais et j'ai publié 5 recueils en anglais toujours disponibles (Maore, From Mayotte [Lapwing Publishing], Carmine Carnival [Lazarus Media], Twelve Times Thirteen [Barometric Pressure -- Kind of A Hurricane Press], The Loss [Flutter Press] et Crossing Puddles [Robocup Press] tous écrits entre 2011 et 2014 et publiés en deux ans) et deux en français (Etranges anges anglais et Post Mayotte Trauma [mgv2>publishing] toujours disponibles)

Il m'a fallu faire pause et je n'ai pour ainsi dire rien publié et encore moins écrit depuis la fin de l'année 2015 jusqu'à maintenant. (Je viens juste de proposer quelques textes à des revues américaines dont un poème écrit ce mois-ci que je couvais depuis près d'un an).
Civilisé, renoue avec la noirceur des débuts, un style plus directs, des images aussi fortes que dans Les chants du malaise mais avec vingt ans de plus de maturité.

J'ai choisi une toile de mon ami Norman J. Olson avec lequel j'ai collaboré longtemps pour la revue mgversion2>datura et les éditions mgv2>publishing, qui en dit long et qui fait écho à l'état d'esprit dans lequel ces poèmes ont été écrits: un homme ventru, vieillissant, nu, plutôt déprimé, pâle, à terre, mais pas encore terrassé, toujours homme, ou viril, si l'on veut.

Ce recueil est disponible depuis le 1er juillet. 7€ frais de port inclus. Pour plus de détails me demander par mail wruhlmann@gmail.com


Extraits

L'immigrée

Tu veux parler des hommes et de leur queue tendue,
c'était il y a longtemps.
Cette instabilité,
douter toujours de tout,
c'était encore hier

La goutte d'eau a chu,
les vases ont débordé.
Ventre mou, ventre nu, la raison s'est enfuie ;
elle a quitté la zone.

Cherche encore un peu plus le besoin de bouger,
de hisser haut les voiles,
décoller, tout détruire,
pour tout recommencer.

L'autre fois, souviens-toi, tu parlais de Zelda.

Combien d'enfants bâtards a-t-elle eu depuis lors ?
Elle a fait de ta vie un bordel illusoire,
un chaos sans limite, sans coupure, sans même le savoir.

Si tu la croises un jour,
dans la rue, ou la nuit,
gifle-la,
elle saura dire pourquoi.

*****

Bons baisers d'Euphor

Sur le pavé, je voyais des formes étranges apparaître.
La tête de Spartacus
ou celle, plus enivrante, plus moderne aussi,
d'Actarus.

Les princes
qu'ils viennent de Thrace ou d'Euphor
ont toujours hanté mes matinées glacées,
mes nuits chavirées.

Plus tard
- beaucoup plus tard -
c'est par leurs rires que je me suis senti le plus entamé.

Les princes ont toujours eu la gorge ouverte
et les yeux ébahis
au lit.

Je voyais leurs ailes grandir
au même rythme que leurs sexes
qui s'étalaient autour de moi
un peu partout
en moi
sur moi
dans mes yeux et dans les nuages.

Je m'envolais aussi
loin de ce nid
pour rejoindre
en rêve
dans la salle de bain
les coloriages imaginés,
les petits graviers incrustés,
aux formes des princes bienheureux,
aux formes de princes ténébreux.